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Top 100 de la décennie (Critique Cinéma)
1/9/2010 12:34

Le voilà, tout beau, tout chaud, mon top 100 de la décennie. J’avoue qu’au début, l’ampleur de la tâche m’effrayait, mais au final, c’est allé assez vite. Il s’est avéré assez facile de faire un top 10 pour chaque année (mis à part pour 2001, qui a été une année de folie, remplie de bons films), pour ensuite classer tout ça de façon plus générale. Mis à part pour les deux-trois dernières années, les grands gagnants de chaque année se sont imposés rapidement, même s’il y a eu quelques déchirements. Pour être le plus subjectif possible (ben oui, un top, c’est totalement subjectif), je me suis basé sur deux critères, principalement : est-ce que j’ai déjà revu ce film plusieurs fois, et quels souvenirs j’en garde ? Les dix premiers se sont du coup imposés très facilement, vu que ce sont pour la plupart des films que je suis retourné voir au ciné, et qui m’ont procuré des émotions inédites (un grand merci à James Cameron de clôturer la décennie en beauté).

De manière plus générale, je suis assez content de ce top, qui couvre à peu près tous les genres, tous les formats (film live, animation traditionnelle, animation 3D, animation en stop motion) mais aussi toutes les nationalités (même si bien évidemment les Américains dominent). Le cinéma Français n’est pas absent, ce qui est une bonne nouvelle, même si j’aurais aimé qu’il soit plus présent. Tant pis pour notre industrie, ils n’ont qu’à produire des films plus intéressants !

Niveau présence dans ce top, les réalisateurs de la décennie sont donc Clint Eastwood (5 films), Peter Jackson (4 films), le studio Pixar (4 films), Guillermo del Toro (4 films) Christopher Nolan (3 films), Danny Boyle (3 films), Steven Spielberg (3 films), David Fincher (3 films). Certains réalisateurs « tendance » sont absents, tout simplement parce que leurs films ne m’ont pas convaincu et seront très vite oubliés. On peut citer dans ce cas Zach Snyder, l’homme incapable de faire un film sans ralentis, et Paul Greengrass, l’homme à la caméra parkinsonienne (bien que La Vengeance dans la Peau ait failli s’incruster dans le classement), ou encore Tim Burton, qui n’a pas fait un film potable depuis 10 ans (mis à part le sympathique Big Fish).

1- Incassable (Unbreakable) de M. Night Shyamalan

2- Avatar de James Cameron

3- Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry

4- La trilogie du Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings Trilogy), version longue, de Peter Jackson

5- Gangs of New York de Martin Scorsese

6- Les Fils de l’Homme (Children of Men) d’Alfonso Cuaron

7- Mystic River de Clint Eastwood

8- Kill Bill de Quentin Tarantino

9- Into the Wild de Sean Penn

10- The Dark Knight de Christopher Nolan

11- Monstres et Compagnie (Monsters, Inc) de Pete Docter

12- The Pledge de Sean Penn

13- Speed Racer des frères Wachovski

14- Wall-E d’Andrew Stanton

15- The Fountain de Darren Aronofsky

16- Munich de Steven Spielberg

17- Collateral de Michael Mann

18- Minority Report de Steven Spielberg

19- Man on Fire de Tony Scott

20- Blade 2 de Guillermo del Toro

21- Lost in Translation de Sofia Coppola

22- Le Prestige (The Prestige) de Christopher Nolan

23- Darkness de Jaume Ballaguero

24- Shaun of the Dead d’Edgar Wright

25- Zodiac de David Fincher

26- King Kong de Peter Jackson

27- Ali de Michael Mann

28- Identity de James Mangold

29- In America de Jim Sheridan

30- L’Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford) d’Andrew Dominik

31- Coraline d’Henry Selick

32- Presque Célèbre (Almost famous) de Cameron Crowe

33- Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (Harry Potter and the Prisonner of Azkaban) d’Alfonso Cuaron

34- Les Indestructibles (The Incredibles) de Brad Bird

35- There will be Blood de P. T. Anderson

36- The Box de Richard Kelly

37- Là-Haut (Up) de Pete Docter

38- Old Boy de Park Chan Wook

39- L’Etrange Histoire de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button) de David Fincher

40- Batman Begins de Christopher Nolan

41- Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black

42- Hot Fuzz d’Edgar Wright

43- Dodgeball, Même pas mal (Dodgeball : A True Underdog Story) de Rawson Marshall Thurber

44- No Country for Old Men des frères Cohen

45- Team America, Police du Monde (Team America, World Police) de Trey Parker et Matt Stone

46- Sunshine de Danny Boyle

47- Shaolin Soccer (Siu lam juk kau) de Stephen Chow

48- Tokyo Godfathers de Satoshi Kon

49- Donnie Darko de Richard Kelly

50- Enfermés dehors d’Albert Dupontel

51- Otage (Hostage) de Florent Emilio Siri

52- Ricky Bobby, Roi du Circuit (Talladega Nights, the Ballad of Ricky Bobby) d’Adam McKay

53- 36 Quai des Orfèvres d’Olivier Marshall

54- The Devil’s Rejects de Rob Zombie

55- District 9 de Neil Blomkamp

56- Funny People de Judd Apatow

57- Gran Torino de Clint Eastwood

58- Gladiator de Ridley Scott

59- Cars de John Lasseter

60- Supergrave (Superbad) de Greg Mottola

61- Pitch black de David Twohy

62- Eden Lake de James Atkins

63- Hellboy 2 – Les Légions d’Or Maudites (Hellboy 2 – The Golden Army) de Guillermon del Toro

64- Stardust de Matthew Vaughn

65- Dark Water d’Hideo Nakata

66- L’Echine du diable (El espinazo del Diablo) de Guillermo del Toro

67- Jeepers Creepers de Victor Salva

68- 28 Jours plus tard (28 Days Later) de Danny Boyle

69- Panic Room de David Fincher

70- Amour et Amnésie (50 first Dates) de Peter Segal

71- Mise à Prix (Smokin’Aces) de Joe Carnahan

72- L’Auberge Espagnole / Les Poupées Russes de Cédric Klapish

73- Infernal Affairs (Mou Gaan Dou) de Wai-keung Lau et Alan Mak

74- Les Noces Rebelles (Revolutionary Road) de Sam Mendes

75- Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann

76- Big Fish de Tim Burton

77- La Colline a des Yeux (The Hills have Eyes) d’Alexandre Aja

78- Le Labyrinthe de Pan (El Laberinto del Fauno) de Guillermo del Toro

79- Les Promesses de l’Ombre (Eastern Promises) de David Cronenberg

80- Mulholland Drive de David Lynch

81- A History of Violence de David Cronenberg

82- La Guerre des Mondes (War of the Worlds) de Steven Spielberg

83- Requiem for a Dream de Darren Aronofsky

84- La trilogie Spider-Man de Sam Raimi

85- La Plage (The Beach) de Danny Boyle

86- L’Expérience (Das Experiment) d’Olivier Hirschbiegel

87- Mais qui a tué Pamela Rose? d’Eric Lartigau

88- Soyez Sympas, Rembobinez (Be kind, rewind) de Michel Gondry

89- L’Echange (The Changeling) de Clint Eastwood

90- Signes (Signs) de M. Night Shyamalan

91- Alpha Dog de Nick Cassavetes

92- Wallace et Gromit : La Nuit du Lapin Garou (Wallace and Gromit in the Curse of the Were-Rabbit) de Steve Box et Nick Park

93- Fantastic Mister Fox de Wes Anderson

94- Transformers de Michael Bay

95- OSS 117, Le Caire Nid d’Espions de Michel Hazanivicius

96- Mémoire de nos Pères / Lettre d’Iwo Jima (Flags of our Fathers / Letters from Iwo Jima) de Clint Eastwood

97- Marie Antoinette de Sofia Coppola

98- Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet

99- Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat

100- Time and Time (Shun liu Ni liu) de Tsui Hark


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Spécial Halloween: Trick 'r Treat de Michael Dougherty (Critique Cinéma)
10/12/2009 9:52

USA, 2007

Réalisation: Michael Dougherty

Scénario : Michael Dougherty

Avec: Anna Paquin, Dylan Baker, Leslie Bibb, Rochelle Aytes, Brian Cox

 

Résumé : Halloween, nuit de tous les dangers pendant laquelle goules, vampires et autres monstres sont de sortie parmi les vivants. Au cours de cette nuit spéciale, plusieurs personnes vont être confrontées à des événements étranges…

Il étonnant de constater que mis à part la célèbre série initiée par John Carpenter, finalement peu de films d’horreur se sont intéressées aux mythes et légendes liées à la célèbre nuit d’Halloween. Resté dans les cartons de Warner pendant deux ans malgré le prestigieux parrainage de Bryan Singer et des échos plus que favorables des chanceux ayant pu le voir, le premier film de Michael Dougherty (scénariste notamment de X-Men 2 et Superman Returns) entend bien combler ce vide. Et pour ce faire, Trick ‘r Treat utilise la formule du film à sketches. Un genre casse-gueule, donnant des œuvres souvent bancales à cause de la qualité variable des histoires compilées.

Conscient de cet écueil présent chez nombre de ces prédécesseurs, Michael Dougherty prend le parti de chambouler les codes de ce genre de films. Les quatre histoires composant le film ne seront donc pas racontées les unes après les autres mais en même temps, le scénario passant de l’une à l’autre de façon fluide, et en plus celles-ci seront intimement liées entre elles. En effet, les histoires racontées dans Trick ‘r Treat se déroulent toutes au cours de la même nuit d’Halloween, dans la même petite ville, et certains des personnages apparaissent dans plusieurs d’entre elles. Une bonne idée, qui permet de donner au film une homogénéité qui fait très souvent défaut à ce genre de longs-métrages. De plus, le fait d’interrompre une histoire pour passer à une autre pour ensuite revenir à la première permet de faire monter le suspense, sans que le réalisateur n’abuse trop de cet artifice. Du coup, les quatre histoires racontées ont beau être des plus classiques (les déboires d’un serial killer avec les cadavres de ses victimes, une frêle jeune fille prise pour cible par un vampire, une blague d’Halloween qui tourne mal, un vieil acariâtre qui se retrouve confronté à une étrange créature), cette structure particulière permet de pleinement les apprécier et renforce leur impact (d’autant que Dougherty n’hésite pas à transgresser certains tabous, comme celui de tuer un certain nombre de gosses dans le film). Le film est aussi très ludique, d’une part parce qu’il est bourré d’humour noir, mais aussi grâce au sympathique jeu de piste consistant à repérer les liens entre les différentes histoires.

Le lien principal entre tous ces récits est d’ailleurs le fameux Sam, étrange petit bonhomme au centre des affiches du film, et présent furtivement à chaque histoire (le dernier sketch lui donnant la vedette). Sam est une sorte d’esprit d’Halloween veillant à ce que les anciennes traditions de cette fête soient respectées. Et malheur à qui enfreindra les règles car cet étrange personnage n’hésite pas à punir sévèrement les non croyants ! Une façon pour Dougherty de rappeler qu’avant d’être une inoffensive soirée d’amusement pour petits et grands, Halloween était une célébration païenne au cours de laquelle les morts revenaient parmi les vivants, et qu’il valait mieux respecter certaines règles pour se protéger de ceux-ci…

L’autre gros atout de Trick ‘r Treat, c’est le soin visuel évident apporté à tout le film. Que ce soit le magnifique générique sous forme de bande dessinée hommage à Creepshow et aux EC comics, ou encore l’extraordinaire photographie de Glen McPherson (John Rambo, One missed Call) créant de saisissante images (le porche de Mr Kreeg couvert de citrouilles, la carcasse fantomatique d’un bus à moitié enfoncé dans une carrière…), tout concourt à faire du film un régal pour les yeux. Les effets spéciaux ne sont pas en restes, et si le film est un peu avare en gore, il propose néanmoins de magnifiques loups-garous (et une métamorphose originale), ainsi qu’une nouvelle icône du film d’horreur dans le personnage de Sam.

Enfin, cerise sur le gâteau, le film est doté d’un casting solide, sans têtes d’affiches hyper connues (mis à part Brian Cox et Anna Paquin, tous deux transfuges de l’univers X-Men), mais parfaitement choisies pour chaque rôle. Mention spéciale à Dylan Baker dans le rôle du principal serial killer, tout simplement jouissif.

Incompréhensible dès lors que le film ait mis autant de temps pour sortir, tant il regorge de qualités qui le rendront certainement très vite culte. Heureusement que Warner a mis les petits plats dans les grands avec la sortie en Blu Ray qui permet d’apprécier pleinement la magie de cet excellent train fantôme. On attend du coup avec intérêt le prochain essai du jeune réalisateur, qui plancherait entre autres actuellement sur une suite du film. Vivement !

 

Note : 8/10

 

www.cinegeouf.com

 


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Concours Clonage (Autre)
10/6/2009 11:05

Salut à tous, à mon tour de livrer un petit texte sur l'artiste que j'aimerais voir cloné, ça nous permettra d'avoir autre chose en page d'accueil que les pubs de Feel pour son blog (au demeurant excellent). Par contre, petite rectification, même si le titre français de Surrogates est Clones, il n'est absolument pas question de clonage dans celui-ci (bravo les traducteurs), donc le sujet du concours est un peu vain il faut l'avouer. Néanmoins, vu qu'il y a des DVD en jeu, et que j'aime les DVD, voila mon texte.

Personnellement, l'artiste que j'aimerais voir cloné, c'est... Clint Eastwood ! Alors je vois déjà les râleurs me dire que Eastwood n'est pas mort, donc que ça ne compte pas, etc. Peut-être. Mais d'un autre côté, Maitre Clint commence à se faire vieux, et malgré le fait qu'il enchaine les tournages à une cadence infernale, il faut se rendre à l'évidence, il va certainement tirer sa révérence dans quelques années, et ce sera une immense perte pour le cinéma. Alors autant en profiter pour le cloner et ainsi pouvoir apprécier son talent pendant encore de nombreuses années ! Et puis en plus, cela serait l'opportunité de le revoir au cinéma, vu qu'il a abandonné sa carrière d'acteur. Et encore mieux: il pourrait même faire tourner son clone dans ses propres films ! Voila une idée géniale: le vieux Clint, avec son expérience, qui fait tourner son jeune clone dans son dernier long-métrage ! Le rêve, tout simplement...

Geouf


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Inglourious Basterds de Quentin Tarantino (Critique Cinéma)
8/26/2009 10:29

USA, 2009 Réalisation: Quentin Tarantino Scenario: Quentin Tarantino Avec: Brad Pitt, Christoph Waltz, Mélanie Laurent, Diane Kruger, Eli Roth, Michael Fassbender, Daniel Brühl, Til Schweiger, Mike Myers

 

Résumé: Alors que la France est en pleine occupation allemande, le Lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) crée une unité spéciale dont l’unique but est de tuer autant de Nazis que possible. Envoyés sur le territoire français, les « Basterds » s’acquittent de leur tache avec zèle et sont craints par les Allemands. Pendant ce temps, Shosanna (Mélanie Laurent), une jeune fille juive dont les parents ont été massacrés par l’ignoble Colonel Landa (Christoph Waltz) apprend que le haut commandement nazi souhaite organiser dans son cinéma une projection de leur nouveau film de propagande, Stolz der Nation. Shosanna y voit immédiatement l’opportunité de se venger en éliminant une grande partie des dignitaires nazis…

Le superbe Kill Bill a définitivement marqué une étape dans la carrière de Tarantino. Ce film-somme rempli des obsessions de son auteur et en même temps accessible à tous signant en 2004 la fin d’une époque, un nouveau cycle pouvait débuter. Cycle entamé avec le bancal Boulevard de la Mort qui, s’il comportait deux hallucinantes poursuites automobile et quelques scènes jouissives, n’en était pas moins plombé par des dialogues interminables. Conséquence étonnante de cela, le portnawak Planete Terreur de Robert Rodriguez paraissait du coup beaucoup plus sympathique que le film de QT. Le cinéaste était donc attendu au tournant avec l’annonce de la réalisation d’Inglourious Basterds, projet fantasme qu’il portait en lui depuis de nombreuses années.

Divisé en cinq chapitres, le film s’attache à décrire les agissements d’une unité spéciale juive chargée de « casser du nazi » dans la France occupée. Du moins c’est ce que la bande-annonce promettait… Car au final, les Basterds du titre sont loin d’être les héros du film et font de la quasi figuration dans celui-ci. Mis à part quelques-uns d’entre eux (Aldo Raines, Donny « Bear Jew » Donowitz et Hugo Stiglitz), ils ne seront jamais vraiment présentés (les autres sont quasi-invisibles) ni utiles à l’avancée de l’histoire. Et c’est certainement là le principal défaut du film. Tarantino introduit de nombreux personnages au cours de longues scènes dialoguées sans réel lien entre elles. Prises séparément, ces scènes sont certes bien écrites et parfois jouissives (le chapitre 1 est génial) et permettent aux acteurs du film de donner la pleine mesure de leur talent, mais lorsqu’on les met bout à bout on a l’impression d’assister à une très longue introduction (3 chapitres et demi sur 5 ne sont que de la présentation des personnages et des enjeux !) pour une histoire qui n’en demandait pas tant. Bien entendu, le côté bavard a toujours été l’une des marques de fabrique de Tarantino, mais ici (comme dans Boulevard de la Mort), les dialogues n’apportent rien à l’histoire, ne font pas avancer celle-ci, ni n’aident à la compréhension des personnages (au final, on ne saura rien ce qui motive Aldo Raines par exemple). On ne s’ennuie pas forcement, grâce à quelques très bonnes scènes, mais on attend tout de même que le film se décide à raconter quelque chose.

Reste que Tarantino emballe quelques très belles scènes et propose quelques bons moments de tension, comme cette rencontre dans un bar perturbée par l’arrivée d’un officier de la Gestapo, ou encore l’impressionnante introduction du film. Tout ne fonctionne pas (la très longue scène du restaurant aurait largement mérité d’être raccourcie), mais Tarantino délivre de purs moments de comédie (l’hilarant passage dans lequel Raines et ses acolytes doivent se faire passer pour des garde du corps italiens) et réussit à maintenir un minimum l’attention du spectateur jusqu'à la fin. Les acteurs sont absolument tous brillants, délivrant des performances excellentes (avec en tête Brad Pitt et Christoph Waltz) et semblant s’amuser comme des petits fous. Le final, qui fera certainement grincer des dents les puristes, est quand à lui très réussi (on se souviendra longtemps des flammes dévorant l’écran sur lequel est projeté le visage de Mélanie Laurent), permettant à Tarantino de disserter sur le pouvoir du cinéma et de faire un pied de nez à tous les films de propagande tentant de réécrire l’histoire. Reste qu’il manque légèrement d’émotion, encore une fois la faute à des personnages moins consistants qu’à l’accoutumée et dont on se fiche un peu du sort.

Au final, s’il n’est pas un mauvais film, Inglourious Basterds est loin d’être une des meilleures œuvres de son auteur. Un long-métrage parfois jouissif, porté par une galerie d’acteurs géniaux, mais souvent frustrant tant il peine à délivrer les promesses de sa bande-annonce et à impliquer émotionnellement le spectateur…

 

Note : 6/10


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Avatar: 15 Minutes de Pur Bonheur (Preview Cinéma)
8/22/2009 3:36

avatar-affiche Hier soir, partout dans le monde avait lieu une présentation exceptionnelle du nouveau film de James Cameron, Avatar. Quinze minutes de film introduites par Cameron himself, en numérique et en 3D. Après un premier trailer diffusé jeudi sur la toile et qui avait reçu un accueil plus que mitigé, Cameron frappe un grand coup, permettant au public de se faire une meilleure idée de ce qui nous attend en décembre. Et le bonhomme a frappé un très grand coup. En cinq courtes séquences, l’attente du film est passé de patiente à fébrile puis insoutenable. Oui, Avatar va être une révolution technique, mais surtout il semblerait que ce sera un grand film d’aventures, avec des personnages attachants et des rebondissements en pagaille.

La première séquence est une séquence d’introduction au cours de laquelle le Colonel Quaritch (Stephen Lang) accueille les nouveaux venus sur la planète Pandora et leur décrit les dangers de celle-ci et l’hostilité des autochtones, les Na’vi. Une scène classique qui n’est pas sans rappeler celle de la présentation de LV426 dans Aliens, le retour. La scène se conclue sur l’arrivée en fauteuil roulant de Jake Sully (Sam Worthington), héros du film. Ce passage mettant en scène seulement des personnages humains, pas de performance capture ici.

Les choses sérieuses commencent dans la deuxième séquence, montrant le transfert de l’esprit de Jake dans son avatar. Worthington fait preuve d’une vraie présence, en jeune chien fou impatient de tester ce transfert. Face à lui, on a le grand plaisir de retrouver l’excellente Sigourney Weaver en scientifique tentant de tempérer les ardeurs de notre héros. Une fois le transfert effectué, c’est l’occasion pour le spectateur de découvrir en même temps que Jake les caractéristiques physiaues des Na’vi. L’avatar de Jake est impressionnant de détails et on croit immédiatement qu’il s’agit bien d’un personnage réel et pas d’une simple créature en CGI. L’ « âme » du personnage de Worthington se trouve bien dans ce personnage virtuel.

avatarblue_haut23

Nous passons ensuite sur la planète Pandora, au cours de ce qui semble être une séance d’exploration au cours de laquelle Jake se retrouve face à face avec une sorte de dinosaure à crane plat. Cette séquence est la première entièrement en performance capture et le résultat est bluffant. On reconnait immédiatement les acteurs derrière leur avatar grâce à leurs mimiques et démarches (notamment Sigourney Weaver) alors que pourtant les personnages qu’ils incarnent n’ont rien d’humain. Les décors sont absolument magnifiques et le dépaysement est total. La scène enchaîne sur une course-poursuite entre Jake et un énorme prédateur. Le tout est d’une fluidité exemplaire, ce qui n’étonnera guère les fans de Cameron, et la 3D est parfaitement gérée et renforce le dynamisme de la scène.

Lors du quatrième extrait, Jake, toujours dans la peau de son avatar, rencontre son premier Na’vi, Neytiri, incarnée par Zoe Saldana. Le début de la scène, un peu brouillon, voit Neytiri éliminer des petites bestioles agressives pour sauver Jake. Elle s’en prend ensuite à celui-ci, lui reprochant de l’avoir forcée à tuer ces créatures (ce qui rappelle énormément le cinéma de Miyazaki). La scène est d’une beauté sublime et confirme les intentions de Cameron : les Na’vi sont les héros de l’histoire et les humains les bad guys. Impossible de ne pas tomber immédiatement amoureux de la belle et féroce Neytiri dans cette scène magique. Ceux qui ricanaient devant le design des Na’vi, les qualifiant de « girafes bleues » devraient vite remballer leurs sarcasmes devant la beauté et la grâce de Neytiri.

PHOTOGRAPHS TO BE USED SOLELY FOR ADVERTISING, PROMOTION, PUBLICITY OR REVIEWS OF THIS SPECIFIC MOTION PICTURE AND TO REMAIN THE PROPERTY OF THE STUDIO. NOT FOR SALE OR REDISTRIBUTION

Enfin, la dernière longue séquence est la plus percutante. On assiste à une sorte de rite d’initiation Na’vi au cours duquel Jake doit apprendre à dompter une sorte d’oiseau préhistorique pour en faire sa monture. Tout est là pour en faire une scène d’anthologie : le dépaysement, le décor impressionnant (une montagne perdue dans la brume), la réalisation parfaite de Cameron, des rebondissements haletants (la quasi chute de Jake dans le vide, qui donne une forte sensation de vertige grâce à la 3D) et une émotion prégnante (la séquence de vol final est tout simplement sublime).

Cette présentation s’achève enfin sur une suite rapide d’images déjà présentes dans la bande annonce. On ressort de la salle les larmes aux yeux devant la beauté de la chose et avec un sentiment de frustration immense à l’idée de devoir attendre jusqu’en décembre pour enfin découvrir ce qui s’annonce comme un extraordinaire film d’aventures. Nul doute à la vue de cette courte présentation que Cameron a réussi son pari et va dans quelques mois nous transporter dans un autre monde magique et merveilleux, arrivant peut-être enfin à faire accepter la performance capture au grand public. Dieu que l’attente va être longue !


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Critique: Orphan de Jaume Collet-Serra (Critique Cinéma)
8/11/2009 8:32

USA,2009

Réalisation : Jaume Collet-Serra

Scenario : David Johnson, Alex Mace

Avec : Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Fuhrman

 

Résumé: Suite à la perte en couches de leur troisième enfant, les Coleman décident d’adopter une petite fille. A l’orphelinat dans lequel ils se rendent, ils font la connaissance d’une adorable fillette de 9 ans prénommée Esther. Conquis, ils ramènent celle-ci chez eux pour lui offrir tout leur amour. Mais les ennuis commencent bientôt, car Esther semble provoquer de nombreux accidents autour d’elle…

Le jeune réalisateur Jaume Collet-Serra avait surpris son monde en 2005 en livrant un des meilleurs films de l’écurie Dark Castle, l’excellent La Maison de Cire. Un premier film visuellement sublime, souvent stressant, et ponctué de pointes de sadisme étonnantes (qui ne se souvient pas de la mort de Paris Hilton ou du coup de la superglue pour bâillonner la belle Elisha Cuthbert ?), jusqu'à un final baroque du plus bel effet. Bref, un coup d’essai probant seulement plombé par un scenario peu original. On attendait donc la suite avec impatience pour pouvoir valider l’aptitude du jeune réalisateur à devenir un futur grand. Apres la parenthèse footballistique de Goal 2, Collet-Serra revient enfin au fantastique avec Orphan, film s’attaquant à un autre thème classique du cinéma horrifique, celui des enfants démoniaques. Un thème assez difficile à aborder, plutôt balisé, et pouvant donner lieu à des chefs d’œuvres très dérangeants (Les Innocents, La Malédiction, Les Révoltés de l’an 2000) mais aussi à d’immondes bouses (les ridicules Godsend et Trouble Jeu). La plus grosse difficulté est souvent d’ordre scénaristique, puisque les ficelles pouvant justifier l’agissement des gamins flippants sont souvent usées jusqu'à la corde ou peuvent facilement tomber dans le ridicule. Il peut de plus s’avérer compliqué de trouver un interprète convainquant pour le rôle du gosse flippant, c'est-à-dire un gamin suffisamment bon pour arriver à effrayer naturellement sans pour autant passer tout le film avec les sourcils froncés. Pour son retour au fantastique, le jeune prodige Jaume Collet-Serra s’est donc lancé dans un pari risqué.

Et pourtant, une fois de plus, Orphan est une très bonne surprise. Comme pour La Maison de Cire, Collet-Serra arrive à tirer vers le haut une histoire classique en insufflant un certain nombre d’idées dérangeantes. Le premier choc arrive dès l’intro du film, dans une scène de cauchemar présentant un accouchement très particulier. Le procédé est banal (on ne compte plus le nombre de films d’horreur s’ouvrant sur un cauchemar) mais Collet-Serra le pervertit avec un sens aigu de la mise en scène (le plan aérien montrant la traînée de sang sous le fauteuil roulant de l’héroïne) et surtout un jusqu’auboutisme graphique surprenant (les instruments chirurgicaux ensanglantés et surtout la présentation du nouveau-né). Une scène choc mettant immédiatement dans l’ambiance et instaurant un climat de malaise qui ne faiblira plus. Collet-Serra fait en effet montre d’une grande aisance dans la montée graduelle et l’entretien de la tension. Pas beaucoup de sursauts nerveux ici, mais un sentiment de malaise prégnant qui va en s’accentuant à mesure que la démoniaque Esther détruit cette famille (apparemment) unie. Le déroulement est classique, mais le réalisateur entretient savamment le malaise par des idées assez dérangeantes et surprenantes (la scène du pigeon, les airs de poupée Barbie d’Esther). Et surtout, il faut saluer l’interprétation irréprochable de la jeune Isabelle Fuhrman qui incarne à la perfection la terrifiante Esther. La jeune actrice fait preuve d’une maturité impressionnante et rend le personnage totalement crédible, même lors de la dernière partie suivant le redoutable twist final. Une performance rare pour une gamine aussi jeune (à peine 12 ans), heureusement supportée par un casting au diapason. Les deux autres enfants sont aussi très naturels (pour une fois on a vraiment l’impression de voir des enfants réels à l’écran) et surtout Vera Farmiga compose un personnage touchant de mère prête à tout pour protéger sa progéniture mais que personne ne veut croire (en cela, son personnage rappelle celui de Mia Farrow dans Rosemary’s Baby). Peter Sarsgaard est lui aussi impeccable en père aimant ne voyant pas que le mal s’est infiltré dans son foyer. Il faut aussi d’ailleurs saluer la complexité des différents personnages, bien loin des poupées unidimensionnelles auxquelles la boite de production Dark Castle nous avait habitué.

Enfin, la vraie bonne surprise du film vient du scenario et tout particulièrement du twist final. Sans dévoiler celui-ci, disons juste qu’il s’avère extrêmement bien trouvé, en étant à la fois vraiment surprenant et totalement logique. Cette révélation finale se permet de prendre tout le monde au dépourvu et d’expliquer en quelques secondes le comportement d’Esther, en balayant d’un revers magistral toutes les supposées incohérences d’un script plus retords et solide qu’il n’y parait. Une véritable bouffée d’air frais qui donne envie de se lancer dans un second visionnage du film sous ce nouvel éclairage.

Bref, après la réussite de La Maison de Cire, Jaume Collet-Serra continue sur sa lancée et livre avec Orphan ni plus ni moins que le meilleur film de Dark Castle, une bande horrifique à la fois maitrisée et émouvante qui fait extrêmement plaisir à voir en ces temps de sclérose scénaristique et artistique du cinéma de genre.

 

Note : 8/10

 

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Critique: Brüno (Critique Cinéma)
7/13/2009 2:57

Résumé: Animateur vedette d’une émission sur la mode en Autriche, Brüno se retrouve du jour au lendemain déchu de son piédestal après un incident malencontreux lors d’un défilé de mode. Bien décidé à ne pas se laisser abattre, il part pour Los Angeles afin de devenir une superstar…

En 2006, Sacha Baron Cohen avait provoqué un mini séisme au cinéma avec l’excellent Borat, dans lequel son personnage de Kazakh raciste et antisémite faisait ressortir les pires instincts de l’Amérique bien pensante. En 2009, le créateur du personnage d’Ali G revient au cinéma avec Brüno pour cette fois s’attaquer aux mœurs sexuelles du pays, et plus particulièrement à son homophobie latente.

Avec Brüno, Sacha Baron Cohen reprend la formule gagnante de Borat : un personnage excentrique plongé au milieu de personnes réelles sous prétexte de filmer un reportage et provoquant ainsi des réactions spontanées et plus ou moins extrêmes. Le scenario est une fois de plus très limité, et la réalisation peu recherchée (on est bien souvent dans du style caméra à l’épaule, totalement logique et justifié par le format du film) mais bien évidemment, ce n’est pas pour cette raison que l’on va voir Brüno au cinéma, mais pour découvrir quelles folies Sacha Baron Cohen a pu inventer cette fois. Et là il faut bien avouer qu’on en a pour son argent, Brüno s’avérant encore plus extrême et provocateur que Borat. Cohen se lâche totalement, au risque de s’aliéner une partie du public. Car l’acteur donne ici de sa personne comme jamais auparavant, se lançant dans de langoureux corps à corps homosexuels, exposant à l’écran ses parties génitales, enfilant des tenues plus extravagantes les unes que les autres, risquant de se faire lyncher par une bande de rednecks ou par des intégristes israéliens… Il cultive le mauvais goût avec génie, poussant parfois le bouchon un peu loin (la scène de fellation au fantôme est ratée et trop longue, le passage en Israël, bien qu’édifiant, n’a pas vraiment sa place dans le film) mais faisant mouche 90% du temps. Le résultat : un gros foutoir jubilatoire et hilarant durant lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Mais au-delà de la provocation gratuite, le film se veut comme Borat une mise en avant et une dénonciation des maux de l’Amérique moderne. Une fois de plus, Sacha Baron Cohen réussit parfaitement à faire rire et réfléchir (voire effrayer) à la fois. Certaines scènes sont en effet à la fois hilarantes et terrifiantes et font se demander dans quel monde nous vivons. Brüno lève le voile sur un monde où des mères sont prêtes à faire faire des liposuccion à leurs gamines juste pour les faire poser pour une séance photo, où un professeur d’autodéfense déclare sans rire que si un homme est prévenant avec un autre homme, il est certainement gay, où des chargés de relations publiques choisissent pour les stars les causes humanitaires auxquelles s’intéresser (le Darfour c’est déjà pris alors il faut trouver un autre pays), où des prêtres spécialisés prétendent pouvoir aider les homosexuels à revenir sur le « droit chemin » tout en méprisant les femmes… Bref, il faut vraiment avoir des œillères pour occulter le côté satirique du film et n’y voir qu’un déballage vulgaire de chair et de sexe.

Encore plus extrême que Borat, Brüno remplit parfaitement son office, faire rire son public durant 90 minutes. Mais plus qu’une simple blague potache pipi caca, le nouveau film de Sacha Baron Cohen propose un regard lucide et acéré sur la société d’aujourd’hui (pas seulement américaine) et fait réfléchir (et fait parfois réellement peur). Un long métrage qui ne manquera pas de provoquer des réactions épidermiques de rejet chez les « gardiens de la morale » et autres esprits chagrins incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. Et c’est tant mieux car c’est exactement ce qu’on lui demandait !

 

Note : 8/10

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Dollhouse - Saison 1 (Autre)
7/3/2009 2:29

Comme d’habitude, je dois prévenir que cet article contient un certain nombre de spoilers, donc si vous n’avez pas vu la saison et voulez garder le suspense intact, je vous déconseille de prolonger la lecture !

Lancée en février 2009 après une grosse campagne de publicité, la nouvelle série de Joss Whedon n’a connu qu’un succès d’estime. Pourtant, la nouvelle création du papa de Buffy méritait beaucoup mieux… Après le massacre de l’excellente série Firefly par la Fox (épisodes diffusés dans le désordre, annulation prématurée, 3 épisodes non diffuseés sur les 14 tournés…) et l’arrêt brutal d’Angel en 2004, qui l’a profondément affecté, on ne pensait pas revoir de sitôt Joss Whedon aux commandes d’une série TV. Et en effet, pendant 4 ans le génial créateur de Buffy s’est éloigné de la petite lucarne. Il en a profité pour mettre en scène son premier film, Serenity, qui clôt la série Firefly, et surtout pour se consacrer pleinement à l’écriture de comics, chose qui l’a toujours passionné. En 2008, il se décide néanmoins à abandonner sa semi retraite pour écrire et mettre en scène la déjantée websérie Dr Horrible’s Sing-Along Blog, intelligente variation sur le thème du super vilain. Revigoré par cette expérience, il propose à Eliza Dushku (l’inoubliable interprète de la tueuse rebelle Faith dans Buffy et Angel) de travailler avec lui sur un nouveau projet. Ce projet, c’est Dollhouse, que Whedon propose une nouvelle fois à la chaine Fox, l’équipe dirigeante de la chaine ayant change depuis les fiascos précédents.

Dollhouse prend pour cadre la ville de Los Angeles dans laquelle un organisme privé et secret, la Dollhouse, monnaye à prix d’or les services de ses agents (ici appelés « actifs » ou « dolls ») pour des missions diverses et variées. La particularité de ces actifs, c’est que ce sont des « coquilles vides ». La Dollhouse leur implante en effet une nouvelle personnalité à chaque nouvelle mission. Ils ne savent donc pas qu’ils sont utilisés et n’ont pas besoin de jouer un rôle, puisqu’ils sont la personne qu’ils incarnent. Echo (Dushku), l’héroïne de la série, est l’un de ces actifs, et c’est à travers son personnage que le spectateur découvre le monde de la Dollhouse. A l’extérieur, l’agent du FBI Paul Ballard (Tahmoh Penikett, le Helo de Battlestar Galactica), convaincu de l’existence réelle de la Dollhouse, part en croisade pour dévoiler les agissements de celle-ci…

Avec Dollhouse, Joss Whedon se lance dans un pari risqué : faire adhérer le public à une série dont le personnage principal change de personnalité quasiment à chaque épisode. Car contrairement a la Sidney Bristow de Alias, série à laquelle Dollhouse ressemble énormément (surtout en début de saison), Echo est réellement une personne différente à chaque mission, et n’est qu’une sorte de pantin sans volonté propre ni sentiments lorsqu’elle est « au repos ». Difficile dès lors de ressentir une véritable empathie pour un personnage qui n’est pas conscient de ce qui lui arrive. Pourtant, Joss Whedon parvient à rendre Echo attachante, d’abord de par le fait qu’elle est utilisée sans vergogne par la Dollhouse, n’ayant pas son mot à dire sur son sort. Certaines missions sont par exemple purement et simplement de la prostitution poussée à l’extrême, puisqu’Echo se voit implantée une personnalité créée pour tomber amoureuse du riche client payant pour ses services. D’autres sont plus classiques mais aussi plus dangereuses (infiltration d’une secte, négociation avec des kidnappeurs, vol d’œuvre d’art dans un coffre fort…). Et puis surtout, bien évidemment la surface lisse et sans accroc de la Dollhouse ne tardera pas à présenter des failles. Ainsi, malgré tous les efforts de l’organisation, certaines des dolls commenceront à ne plus réagir comme prévu, soit en prenant des initiatives sortant du cadre de la personnalité implantée (épisode 3, Stage Fright), soit en développant des sentiments lors de leurs phases de repos, ou encore en ayant des réminiscences de leur personnalité originelle. Une manière pour Whedon de s’interroger de façon intelligente sur ce qui fait la spécificité d’un être humain, sur l’existence de l’âme. Un thème qui rapproche Dollhouse du chef d’œuvre d’Alex Proyas, Dark City, avec lequel la série de Whedon partage la même foi en l’être humain, en l’idée qu’un homme est plus que la somme de ses souvenirs.

A côté de cela, Whedon développe une mythologie riche, laissant promettre de nombreux rebondissements dans les saisons à suivre (d’autant qu’il a récemment annoncé avoir prévu sa série sur cinq saisons). La Dollhouse reste ainsi très mystérieuse, et même si on apprend pas mal de choses sur son fonctionnement au cours de cette première année, de nombreuses questions restent en suspens. Quel est le but réel de l’organisation ? Comment et quand a-t-elle été créée ? Qui est à la tête de celle-ci ? Combien d’entités comporte-t-elle et où sont-elles? Autant de questions passionnantes qui tiennent le spectateur en haleine.

L’un des points forts de la série est de jouer constamment sur l’ambigüité de la Dollhouse, semant le doute dans l’esprit du spectateur. Le début de saison suggère à travers l’enquête de l’agent Ballard que l’organisation est clairement criminelle et a inventé une sorte d’esclavage moderne, mais par la suite les cartes sont brouillées. On apprend en effet que toutes les Dolls sont volontaires et liées par un contrat de 5 ans, qu’elles sont grassement payées pour leur don. De plus, la Dollhouse prend extrêmement soin d’elles, notamment en les faisant accompagner de chaperons chargés de leur protection. Enfin, le revirement de Ballard en fin de saison, qui accepte de faire équipe avec les agents de la Dollhouse pour capturer Alpha (Alan Tudyk), un actif devenu psychopathe, achève de faire douter le spectateur. C’est cette ambigüité constante qui fait tout le sel de Dollhouse.

Outre une intéressante mythologie, Joss Whedon prend un très grand soin à développer des personnages nombreux et attachants, et à leur écrire de savoureux dialogues. Fidele à sa « famille », il s’entoure de têtes connues des fans de ses créations. Eliza Dushku est bien entendu l’inoubliable Faith de Buffy et fait montre ici de tout son talent dans le rôle d’Echo. Elle passe avec aisance de personnage en personnage, mais c’est surtout lorsqu’elle est Echo qu’elle impressionne le plus, arrivant parfaitement à retranscrire cette idée de vide intérieur petit à petit contaminé par l’ancienne personnalité de la doll. A ses côtés, on retrouve Amy Acker que les fans d’Angel connaissent bien, puisqu’elle a incarné le rôle de Fred dans la défunte série. Elle joue une fois de plus un scientifique, le Docteur Saunders, médecin en charge des dolls. Un rôle un peu effacé, mais qui prend de plus en plus d’importance au fil de la saison. Dernier membre de la famille Whedon, Alan Tudyk (Huban « Wash » Washburne, pilote du Serenity dans Firefly) prend en fin de saison le rôle d’Alpha, une doll devenue psychopathe. Olivia Williams (Rushmore) est une nouvelle venue dans le petit monde de Whedon et incarne Adelle DeWitt, la directrice de la Dollhouse. Topher (Fran Kranz), le scientifique charge de créer et implanter les personnalités dans les dolls, est l’obligatoire personnage geek de la série. Enfin, les personnages de Boyd Langton (Harry J. Lennix, vu dans de nombreuses séries TV comme Urgences et 24) et Paul Ballard (Tahmoh Penikett) sont les muscles de la série.

Cependant, malgré ses nombreuses qualités, la série n’est pas exempte de défauts, le principal étant son démarrage assez lent. Une faiblesse qui a failli se solder par une annulation en fin de saison, les audiences n’étant pas exceptionnelles (heureusement la Fox a finalement décidé de financer une saison 2 de treize épisodes). Les cinq premiers épisodes sont quasiment des stand alone, présentant à chaque fois une nouvelle mission d’Echo, et n’abordant que très peu la mythologie de la série. Du coup, on a vraiment l’impression de voir un décalque d’Alias sans réel génie. Il faut attendre le sixième épisode de la saison, Man on the Street, pour que la série décolle vraiment et dévoile tout son potentiel. Dans la seconde moitié de saison, on en apprend enfin plus sur la Dollhouse, l’enquête de Ballard prend un virage inattendu, les personnages sont plus attachants (notamment celui d’Adele DeWitt) et les enjeux deviennent plus importants. Bref, on tient enfin une vraie bonne série intelligente et captivante.

On attend donc avec impatience la saison 2, en espérant qu’elle aura plus de succès et que Whedon pourra réaliser les 5 saisons qu’il a en tête.

Note : 7/10

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Critique: Doghouse de Jake West (Critique Cinéma)
6/19/2009 7:01

Résumé: Sept amis partent se ressourcer dans le petit village de Morley au fin fond de la campagne anglaise pour aider l’un d’entre eux à se remettre de son divorce. Mais lorsqu’ils arrivent sur place, ils découvrent que le village est désert. Pas si désert que ça en fait, puis qu’un mystérieux virus a contaminé toutes la population féminine et a transformé les braves villageoises en tueuses féroces et assoiffées de sang…

Jeune réalisateur britannique remarqué avec le parait-il très réussi Evil Aliens, Jake West fait saliver depuis des mois les fans d’horreur avec les dessins préparatoires de son nouveau film, Doghouse. Ces dessins présentant des femmes zombies au style très cartoonesque et assez gore laissaient espérer une comédie horrifique de bonne tenue. Restait à savoir si Jake West allait réussir à se démarquer de ses petits camarades et à faire autres chose qu’une redite du génial Shaun of the Dead

Le film démarre dans le plus pur style british cher entre autres à Guy Ritchie, avec de courtes séquences présentant les différents protagonistes en affichant leur prénom à l’écran. Des protagonistes assez nombreux, mais qui ont tous un problème avec les femmes : Vince (Stephen Graham, vu entre autres dans Snatch et Gangs of New York) vient de divorcer, Mickey (Noel Clarke, Doctor Who) et Patrick (Keith-Lee Castle) sont brimés par des femmes autoritaires, Neil (Danny Dyer, Severance) est un dragueur invétéré, Graham (Emil Marwa) est gay et Matt (Lee Ingleby) est un geek plus passionné par ses comics que par les femmes. Malheureusement pour eux, leurs soucis avec le sexe opposé ne font que commencer…

Premier bon point, Jake West se soucie de toute évidence de ses personnages et donne à chacun d’eux un caractère bien défini, ce qui fait que l’on s’attache rapidement à eux. Et malgré le nombre conséquent de héros, West s’applique à tous les rendre intéressants et actifs dans le métrage et évite du coup le syndrome « personnage chair à canon » si souvent présent dans les films de genre. Non, ici ils auront tous leur instant de gloire (on n’a pas de personnage insignifiant ou détestable prêts à être sacrifiés) et serviront l’intrigue à un moment ou à un autre, même si certains sont plus importants que d’autres. L’autre bon point à ce niveau, c’est que West évite de décimer la moitié de son casting dès la première bobine. Il préfère bien développer ses personnages avant de commencer à en sacrifier quelques-uns dans le dernier tiers du film, ce qui fait que la mort des personnages secondaires sera généralement assez douloureuse pour le spectateur. Un souci d’écriture qui fait plaisir à voir et permet de réellement rentrer dans le film. D’autant que tous les protagonistes sont incarnés par des acteurs chevronnés qui visiblement s’éclatent comme des petits fous avec ces personnages hauts en couleur. Danny Dyer notamment est excellent en coureur de jupon puni d’une manière assez horrible. Difficile de ne pas être hilare lorsqu’il tente de draguer une énorme bonne femme zombie qui veut lui boulotter les doigts !

Face à eux, on trouve une impressionnante galerie de femmes zombies très agressives. De toute évidence, Jake West a apprécié les classiques de Romero mais en a surtout retenu les zombies portant leurs costumes de travail. On se retrouve du coup avec pour une fois des zombies très variés et reconnaissables: la mariée, la coiffeuse avec ses ciseaux mortels (qui n’est pas sans évoquer la Julie du Retour des Morts-Vivants 3), la dentiste, la grand-mère, la tenancière de la boutique de magie avec son énorme épée, la femme obese, etc. Des monstres qui font plaisir à voir, maquillés avec du bon vieux latex des familles, ce qui leur donne un cachet indéniable. Pour les combattre, nos vaillants hommes modernes auront besoin de tout leur sens de la débrouille et utiliseront toute une panoplie d’armes. Et c’est là que le film se montre génial, puisque dans cette étrange guerre des sexes, les héros utiliseront des ustensiles typiquement masculins : ballons de foot, clubs et balles de golf, voiture radiocommandée, pistolets à eau transformes en lance-flammes… On pourra regretter le fait que certaines idées sentent un peu le réchauffé (le coup de se déguiser en femmes pour passer inaperçu au milieu des zombies, clairement repompé à Shaun of the Dead), mais d’autres séquences valent leur pesant de cacahouètes (la « télécommande à femmes », la tête coupée sur la voiture radiocommandée pour détourner l’attention…).

Au niveau réalisation, Jake West s’en tire avec les honneurs, compensant son maigre budget par une inventivité de tous les instants. On pardonnera donc le côté un peu bordélique de certaines séquences et le fait que certaines pistes ne sont pas totalement utilisées (notamment l’implication des élus locaux dans la propagation du virus), puisque le film fait preuve d’une efficacité sans faille. A partir du moment où les héros pénètrent dans Morley, le film démarre pour ne plus s’arrêter jusqu'à la fin. C’est un véritable festival de gags, de répliques percutantes, d’action et de gore qui se déroule sous les yeux du spectateur ravi. Le film ne fait pas vraiment peur, mais il est tellement rythmé qu’on se laisse très vite emporter par sa folie de tous les instants et qu’on ne s’ennuie jamais. Pas vraiment de message ici, si ce n’est une ode à l’amitié masculine, mais un vrai bon divertissement qui fait plaisir.

Sans atteindre les cimes d’un Shaun of the Dead, Doghouse est tout de même une très sympathique péloche comico-horrifique qui ravira les amateurs. Un film un peu foutraque parfois mais toujours honnête dans son souci d’en offrir le plus possible à un spectateur hilare devant ce déferlement de gags. Décidément, les Anglais sont toujours les meilleurs lorsqu’il s’agit de mêler horreur et humour…

Note : 7.5/10

 

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Coup de Coeur: State of Play (Critique Cinéma)
4/29/2009 8:24

Résumé: Lorsque l'une de ses proches collaboratrices, avec laquelle il avait une liaison, meurt dans de mystérieuses circonstances, le congressman Stephen Collins (Ben Affleck) se tourne vers son seul ami de confiance, le journaliste Cal McAffrey (Russel Crowe). Devant le scandale suscité par la découverte de cette liaison, Cal décide d'enquêter sur les dessous de cette affaire loin d'être nette...

Nouveau film de Kevin MacDonald, déjà réalisateur de l'excellent Le Dernier Roi d'Ecosse, State of Play fait partie de ces films dont on n'attend pas grand-chose et qui au final constituent une excellente surprise. Malgré le fait qu'il s'agisse d'une adaptation d'une mini-série britannique de renom, le film ne paraissait en effet pas plus excitant que ça. La faute notamment à une bande-annonce à côté de la plaque le faisant passer pour un thriller lambda à base de conspiration et de tueur implacable. Ce qu'il n'est au final pas vraiment. Car s'il est bien ici question de conspiration et de tueur-nettoyeur, State of Play se rapproche beaucoup plus d'un film comme Les Hommes du Président que d'un vulgaire thriller à la Tom Clancy.

Déjà, la plupart des questions phares du film sont évacuées dès la première demi-heure : on sait qui sont les bad guys, qui a tué la jeune assistante, il manque juste le « pourquoi » (bien que là encore, on s'en doute très fortement). Donc plutôt que de tout miser sur la révélation de l'identité des méchants au travers de twists tordus, le film s'intéresse à la mécanique journalistique dans ce qu'elle a de plus noble mais aussi de plus basique. Ainsi les deux journalistes du film, incarnés par Russel Crowe et Rachel MacAdams, passent plus de temps à passer des coups de fil et à réaliser des interviews qu'à jouer aux super héros ou aux vengeurs. Ce sont de vrais journalistes qui réalisent un travail de fond afin de pouvoir pondre un article solide. C'est-à-dire trouver une source fiable qu'ils puissent citer pour dévoiler toute l'affaire. A ce propos, le film se permettra aussi d'épingler rapidement la mode du blog en pointant la différence fondamentale entre le journaliste professionnel et le blogueur : la nécessite d'apporter des preuves. Du coup le film est réellement passionnant car différent de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce registre. Pas de grosses scènes d'action ici (tout juste aura-t-on droit à une petite poursuite pleine de suspense entre Cal et le tueur dans un parking) mais beaucoup de dialogues, de face à face et de suspense psychologique. La réalisation de MacDonald fait ici des merveilles, arrivant parfaitement à dynamiser une intrigue pourtant très bavarde et à rendre passionnante une histoire dont on connait presque immédiatement tous les tenants et aboutissants. Le film aborde de plus l'intéressant problème de la privatisation de l'armée et du fait de confier la défense a des entreprises privées (problème abordé l'an dernier de façon intelligente dans le jeu Metal Gear Solid 4).

Mais le film ne serait pas aussi réussi si les acteurs n'étaient pas au diapason. Et de ce côté-là, il faut avouer qu'on est gâté. Dans le rôle de l'opiniâtre mais professionnel journaliste Cal McAffrey, Russel Crowe retrouve enfin la justesse de ses premiers films, livrant l'une de ses meilleures performances à ce jour. De quoi faire oublier son cabotinage dans le très mauvais Mensonges d'Etat et rassurer quant à la capacité de l'acteur à se renouveler. On appréciera à leur juste valeur ses joutes verbales avec la jeune Rachel MacAdams (qui lui tient la dragée haute de façon tout a fait convaincante) ou la toujours impeccable Helen Mirren (excellente en directrice de rédaction tiraillée entre les impératifs commerciaux de son journal et la rigueur de l'enquête). Mais le plus étonnant reste définitivement Ben Affleck, qui semble depuis quelques années enfin apprendre à jouer correctement. S'il n'est pas encore parfait, manquant toujours quelque peu d'expressivité, il arrive néanmoins ici à donner du corps à son personnage d'homme politique droit et honnête éclaboussé par un scandale qui le dépasse. En dernier lieu, on a aussi plaisir à retrouver Robin Wright Penn et Jeff Daniels en seconds rôles solides.

En bref, State of Play est un véritable coup de cœur. Un thriller intelligent dans le fond comme dans la forme, mené de main de maitre par un réalisateur définitivement à suivre, porté par une troupe d'acteurs crédibles. Une vraie bonne surprise, passionnante de bout en bout.

Note : 9/10

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